1971 Old Orchard Beach
et Mont Washington
par Hélène Blais
  

  

En 1971, nous avons fait notre premier voyage aux États-Unis avec la famille de tante Gertrude et Bertrand Ouellet. Nous avons pris deux voitures : Une pour la famille Ouellet et l'autre pour notre famille. Mes grands-parents Lucienne et Johnny Blais nous accompagnaient et sont embarqués dans notre voiture. Nous sommes partis vers 4 ou 5 heures du matin, le 1er juillet. C'était un matin brumeux. Ma cousine Luce Ouellet se rappelle encore, après 40 ans, qu'à la radio une chorale d'enfants chantait une publicité pour la Fête du Canada. Elle se souvient encore de la mélodie et des paroles:


«Le Canada fait notre force, c'est l'unité dans la diversité,
c'est notre amour qui le renforce, O Canada, terre de liberté.»
  

Lorsque nous avons passé la frontière, Luce dit qu'elle a été ébahie par les lignes jaunes sur la route (à l'époque toutes les lignes étaient blanches au Québec) et par les panneaux de signalisation bleus (ils étaient verts au Canada).

Yvon quant à lui se rappelle que nous étions sept dans la voiture de notre père Maurice. Grand-papa était assis à l'avant et mettait son bras gauche autour du cou à grand-maman qui était assise dans le milieu. Elle ne bougeait pas pendant des heures. Nous étions assis tous les trois à l'arrière avec maman et nous faisions une rotation tous les trois pour la place près de la fenêtre à droite. Grand-papa fumait et on arrêtait de temps en temps pour aérer l'auto et aller aux toilettes.
  

C'est le 3 juillet qu'on est arrivés à Old Orchard Beach. Nos parents avaient loué une maison appartenant au New Linwood Hotel. Je me rappelle à l'arrivée le regard hébété de nos parents qui faisaient le tour de la maison... La maison qu'on avait louée pour une semaine était très sale et il y avait des bibittes. Je me rappelle que Gertrude et Diane ont lavé longtemps en arrivant, c'était sale partout... et les rideaux tombaient dès qu'on les touchait. On voyait que Maurice était déçu de l'endroit (c'est lui qui réservait je crois) mais on devait s'organiser pour passer la semaine. Tout le monde a été très conciliant !
  

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Hélène, Marc, Johnny, Lucienne, France, Richard
Yvon, Luce

  
La plage était très proche alors on s'est baignés en masse ! On avait aussi accès à la piscine de l'hôtel. France m'a dit qu'elle se rappelle que grand-papa était vraiment blanc comme une pinte de lait et ce, même après une semaine. «Ça doit être de lui que je tiens ça !» m'a-t-elle racontée. En ce qui concerne grand-maman Lucienne, elle ne s'est pas trop découverte cette semaine-là ! Était-on surpris ?

  

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France, Luce, Yvon, Hélène, Richard, Marc

  
Nous avons donc passé toute la semaine ensemble, à jouer, à se baigner, à courir partout ! France a raconté sa perception de mon père à cette époque. Cliquez ici pour lire l'anecdote de France. Nous on était habitués de voir Maurice manger des produits naturels et de faire des exercices. Mais pour les Ouellet, ça a été toute une découverte ! France m'a dit que depuis ce voyage, elle mange elle aussi du fromage cottage et, qu'à chaque fois, elle sourit et a une pensée pour Maurice et ce voyage.
  

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Hélène, Yvon, Diane, Maurice, Richard

  
Pendant la semaine à Old Orchard, Luce m'a dit se souvenir que Richard et elle se levaient vers 5 ou 6 heures du matin, alors que tous les autres ronflaient, pour aller ramasser des coquillages sur la plage. Elle dit qu'elle se souvient aussi, qu'à cette époque, le dollar canadien était équivalent ou plus fort que la devise américaine. Ses parents lui avaient donné 10 $ pour s'acheter des souvenirs et elle dit qu'elle avait réussi à s'acheter des palmes, un masque et un tube pour ce montant. Elle se souvient aussi que sa mère "Gert" avait fait une crise de foie après avoir mangé une certaine pizza. Autre fait intéressant, elle a partagé le même lit que Yvon et il y avait des puces dans le lit... Yvon m'a dit : «Luce et moi partagions un grand lit infesté de punaises de lit. J'étais piqué au sang !».

  

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Gertrude, Marc, Bertrand
Luce, France

  
Pendant qu'on s'amusait ensemble les 6 enfants, nos parents jasaient et se promenaient tout en gardant un oeil sur nous. La baignade dans la mer et dans la piscine a toujours inquiété mon père qui ne nous lâchait pas des yeux ! Yvon dit qu'il se rappelle que Maurice riait beaucoup quand grand-papa commandait un cornet de crème glacée à l'érable en disant: «erabeule cornett» et «do you have nuts» à la madame au comptoir de la crème glacée avec des noix. «Vous auriez dû voir la face de la dame... Je voyais bien qu'ils riaient mais je ne comprenais pas pourquoi ! Mon père me l'expliquait par la suite...». Il rajoute : «Grand-papa n'avait pas l'occasion de pratiquer souvent son anglais (malgré qu'il avait une grand-mère unilingue anglophone soit, Mary Ann Barrett) mais il s'essayait tout le temps en disant à Maurice «je suis capable viarge» ... alors papa le laissait commander pis après il riait .... Pour la postérité c'est ça l'histoire...». Tante Gertrude rajoute : «Diane quant à elle a commandé un «chocolate cornette»... On a bien rit !».
  

Je me permets ici de souligner le fait que ce sont les deux plus jeunes du groupe, Luce et Yvon, qui semblent se rappeler le plus de détails précis sur ce voyage ! Bravo ! Yvon m'a raconté que pendant toute la semaine, notre cousin Marc qui était d'âge PeeWee se pratiquait à lancer la balle de baseball avec son père comme receveur. Oncle Bertrand sortait la balle tellement rapidement de son gant que l'on n'arrivait pas à le voir faire...

Marc dit n'avoir qu'une vague mémoire de ce voyage. Il dit qu'il se rappelle qu'il y avait une belle piscine creusée accessible et dont nous avons pu profiter et qu'il s'est pratiqué au baseball avec son père tous les jours. Il dit que nous (les enfants) avons aussi beaucoup joué au baseball sur la plage et sur le terrain près de la maison avec un bâton et une balle en plastique. Yvon m'a rappelé que Maurice nous lançait des cents dans le fond de la piscine et il fallait aller les chercher. On aimait beaucoup ce jeu. «Il arrivait même qu'il lançait sa montre et on allait la chercher». Je ne me rappelle plus si les Ouellet jouaient eux aussi à ce jeu avec nous.
  

Le 5 juillet a été une "grande" journée pour mon frère Yvon et mon cousin Marc. Ils sont allés voir un match de baseball des Red Sox. Marc dit qu'il a été impressionné par Maurice qui se dirigeait dans Boston comme si de rien n'était. Yvon se rappelle qu'ils ont dû prendre le métro. Au Stade de Boston, Marc dit se souvenir du Green Wall dans la clôture du champ gauche....un mur très haut et tout vert qui délimitait le stade. Cliquez ici pour lire l'anecdote de Yvon au sujet de cette partie.

Quant à moi je ne comprenais pas que je n'allais pas au baseball moi aussi. J'ai dû bouder un peu (bon d'accord, disons pas mal !) car je faisais ça souvent à cet âge-là ! Je me souviens que les gars sont revenus avec chacun un petit bâton de baseball miniature. Mon père avait acheté pour moi un fanion pour ma collection.
  

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Sommet du Mont Washington à 6,288 pieds
Johnny, Richard,
Lucienne, Diane, Marc
Yvon, Hélène, France, Bertrand
Gertrude, Luce

  
Nous avons quitté Old Orchard Beach le 10 juillet puis nous avons fait un léger détour dans l'état du New-Hampshire et grimpé en voiture au sommet du Mont Washington. Il y en a plusieurs parmi nous tous qui ont eu très peur. Luce dit qu'elle a hérité du vertige de son père et qu'elle était terrorisée pendant l'ascension. Elle s'est même couchée au fond de la voiture pour ne pas voir le précipice. Oncle Bertrand a eu très mal au coeur en haut de la montagne et a préféré ne pas conduire pour redescendre. Marc Ouellet m'a dit que lui aussi a eu très peur dans l'auto du fait qu'il voyait le précipice de très très près mais il a ensuite précisé sa pensée : «.... À bien y repenser, j'ai eu peur en TAB..$% ?%$#.... en montant...». Yvon quant à lui se rappelle qu'il était assis à droite en arrière pour la montée et qu'il a eu «la trouille en simonac...».
  

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Sommet du Mont Washington près du train propulsé par une roue à engrenage
Lucienne, Johnny, Marc, Bertrand (ont tous un chapeau)
Diane (la main sur mon épaule), Hélène, Richard, Luce, France, Yvon, Gertrude
http://www.thecog.com/

  
Pour France Ouellet, ça a été très différent car de son côté, elle était la seule qui n'avait pas le vertige. Elle était assise du côté droit de la voiture (côté précipice) et elle CAPOTAIT. «J'adore les hauteurs» dit-elle d'emblée. Elle a réalisé plus tard qu'elle n'était absolument pas consciente du danger et de la peur des autres. Une fois rendue au sommet, Luce a entendu dire qu'il était possible de monter et de descendre au sommet dans des téléphériques. Elle a tenté en vain de convaincre ses parents de descendre en téléphérique pour éviter la terreur. Peine perdue! C'est ma mère Diane qui a pris le volant pour la descente ce qui les a tous beaucoup rassurés.
  
Après notre expédition, nous avons repris la route et nous sommes arrivés à Québec le 12.
  

Hélène Blais, 5 février 2011
  
  
  

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